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Marchand non marchand = idéologie / création de valeur = économie

18 Fév Marchand non marchand = idéologie / création de valeur = économie

N’opposons plus l’économie et le social, l’idéologie et le marché.

 

Quand un domaine se cherche, se sent en mutation, ne parvient pas à se définir ou n’ose pas se positionner, la multiplication des sémantiques se fait souvent témoin de ses tourments. Dans certaines langues modernes, Hommes (eux) et Femmes (elles) ont leur genre, par contre la jeune-fille est du genre neutre (ça). Dans des cultures plus Américanisées, le politiquement correct est, dans ces situations, le plus souvent de mise. La langue française, quand à elle, nous permet tant et tant de nuances qu’il est possible de disserter longuement avec les mots pour ne pas le dire.

 

Dans notre époque où l’économique est au centre de toute activité, il est encore fréquent de constater que se télescopent dans une grande confusion capitalisme, libéralisation, profit, mondialisation, (dé)régulation, entrepreneuriat, social, développement durable, équitable, etc.

 

Je pense en rédigeant cet article plus précisément au secteur «non-marchand», qui se nomme aussi «économie sociale» et depuis quelques temps se mue en «économie à profit social». Le coming-out se rapproche et c’est très bien ainsi.

 

En effet, «marchand et non marchand» nous renvoient à deux visions polarisées à la charge sémantique assez claire et clairement sur le terrain idéologique.

 

Les entreprises de travail adapté, les entreprises d’insertion et de formation sont elles actives sur un marché dédicacé aux acheteurs de «biens et prestations à contenu social»? Y a t il des structures qui étant non marchandes, n’ont donc rien à vendre?

 

Y a t il des salaires non libellés en Euros?

 

j’ai encore plus de mal avec le terme «économie sociale». S’agit il d’un enrobage éthique, d’une marque, d’un logo, d’un label?

 

Le terme «économie à profit social» me paraît à la fois relever d’une grande avancée et d’une timidité relative. Les trois termes clé sont ici réunis et j’en suis heureux, par contre nous restons dans le même héritage sémantique polarisant.

 

Étant actif, entre autres, dans ce secteur et dans l’associatif depuis le début de ma carrière, et donc bien au courant des actions et valeurs qui s’y développent, il ne s’agit pas ici, bien que le ton soit volontairement polémique, de critiques ou de sarcasmes, mais au contraire, de proposer une vision plus globale et plus intégrée.

 

Pourquoi vouloir intégrer?

 

Plaçons nous du côté du juge ultime de nos entreprises tous clivages confondus: Le marché.

 

Avec nos clients et forcément nos acheteurs.

 

Assumons qu’il s’agit de transactions et que quand nous analysons la monnaie dans nos poches, il est difficile d’y détecter les Euros «d’origine sociale» des euros «d’origine marchande».

 

Allons franchement, non pas nous perdre, mais bien nous retrouver sur le terrain de l’économique. Débarrassons nous de la strate idéologique qui entoure le discours. Rassemblons nous autour du seul et unique vocable qui caractérise la pérennité de toute activité économique : La création de valeur.

 

En ce qui concerne le «comment», à chaque entreprise de vivre, s’organiser, acheter et vendre suivant sa propre dynamique, ses valeurs, voire ses croyances.

 

Les vertus de l’intégration sont plus importantes que ce que l’on pourrait penser. En effet, je suis de ceux qui pensent que voir l’activité «économique non marchande à profit social» ouvertement du point de vue de la création de valeur et donc d’un point de vue économique aurait pour effet d’élargir la zone de chalandise de cette dernière.

 

Pour prendre un exemple précis, les activités de mise à disposition de personnel sur site ou en atelier régie comportent des opportunités de relocalisation de main d’œuvre encore trop largement inexplorées. De véritables gisements d’opportunités gagnant-gagnant à exploiter.

 

Mais comment faire du commerce aussi longtemps que l’on est non-marchand dans sa tête…

 

Patrick Colot

Praticien Senior en Management

Administrateur tec-ma

www.tec-ma.be