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La caverne 2.0 (Billet d’humeur de la rentrée)

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19 Fév La caverne 2.0 (Billet d’humeur de la rentrée)

(En illustration, l’affiche d’un que j’ai trouvé film sensible, qui fait du bien et qui aide à réfléchir sur le sujet)

La caverne 2.0. (Billet d’humeur de la rentrée).

L’allégorie de la caverne ne date pas d’hier et m’est revenue à l’esprit après avoir suivi une conférence et lu un article « d’experts ».

Dans le livre VII de la République, Platon nous propose l’allégorie de la caverne. Je vous la livre en résumé.

Des hommes sont enchaînés au fond d’une caverne, dos à la lumière, et ne voient et n’entendent du monde que les reflets et les ombres projetées.

Les ombres étant les leurs pour une bonne part.

Cette situation fabrique des situations et des projections toutes d’imagination. Même sortir de la caverne en pleine lumière est traumatisant, car aveuglant et synonyme de confrontation avec l’inconnu.

En bref, une expérience de vie comme une construction exclusivement mentale, toute subjective, entièrement intellectuelle et filtrant la réalité du terrain.

Nous sommes des filtres, tout est subjectif et tout n’est qu’illusion me direz vous. Bien sûr.

C’est précisément pour cette raison qu’il n’est pas nécessaire d’en rajouter.

Pour revenir à cette causerie où il était question de marketing, tout était, aux yeux de l’orateur du jour marketing. De la RH à la vente en passant par l’organisation et les processus. Jusqu’au relations entre collègues. Je n’ai rien contre le marketing, il aurait pu s’agir de tout autre sujet, le propos étant notre subjectivité.

Nous sommes bien évidemment dans un monde global et complexe, dans lequel tout est interconnecté.

Souvenons nous que les œillères servent à concentrer les chevaux d’attelage sur leur trajectoire, pas à les rendre plus éveillés, plus sensibles ou plus intelligents. Or, notre plus grand agent facilitateur de changement sera notre sensibilité.

Spécialistes et experts, ne tombons pas par passion ou par compétence développée sans développement en parallèle de notre sensibilité dans l’intégration du « tout » dans notre domaine d’expertise.

Á l’inverse, sachons à la fois nous arrêter là où notre excellence se dilue en n’oubliant jamais de faire référence à ce qui relie notre domaine d’expertise à la globalité.

Autre dérive constatée récemment à travers la vague actuelle de professionnels en recherche de notoriété qui « postent » à tout va sur des sujets que leur entendement n’a pas encore exploré.

A la lecture des commentaires en réaction à ces articles, il est visible qu’ils entraînent dans leur sillage des lecteurs encore moins éveillés qu’eux et les biaisent dans leur jugements de manière parfois durable. « Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt » dit l’adage Bouddhiste.

A ce propos, je lisais récemment un article dépeignant l’entrepreneuriat comme un parcours de sacrifice permanent, de travail de bagnard, de difficultés et de désenchantements de toutes sortes.

Il y en avait du financier à la santé en passant par la vie privée. Pour un entrepreneur « éveillé », pragmatique, capable de s’organiser, de développer une vision stratégique et de planifier son avenir, il est clair que le statut de travailleur d’indépendant ne condamne pas automatiquement à 70 heures semaines, ni à la précarité d’une vie à fond de « crédit de caisse » , ni à perdre ses amis salariés.

Il est tout aussi clair pour les entrepreneurs éveillés que ce type d’article est écrit par des free-lances, probablement en activité complémentaire ou dans le rush de leurs premiers 18 mois de vie d’indépendant. Dans un état mental de combat et probablement bien loin de pouvoir vivre de leur art.

Aucun chef d’entreprise confirmé ne tombera dans le panneau, mais combien de candidats starters, de salariés en quête d’accomplissement ou de travailleurs sur le carreau mis sous pression pour retrouver le chemin de l’emploi à tous prix ne pourront discerner tous les propos parlant d’entrepreneuriat et prendront comme argent comptant une plume qui finalement, écrit pour exister bien plus que pour témoigner.

Vous viendrait-il à l’idée d’écrire le récit d’un voyage que vous n’avez pas effectué ?

Auriez vous l’audace de coter un restaurant alors que vous n’y avez pris que l’apéritif ?

Experts, s’il vous plaît, quand vous signez un article, mettez y votre pedigree, ou des liens donnant aux lecteurs les moyens de pouvoir apprécier le rapport entre votre discours et votre parcours. « Coach et expert en ça», ou « entrepreneur et spécialiste de ceci » ne sont pas suffisant pour le lecteur moyen.

Le certificat de « connaissances en gestion de base » et le passage par un guichet d’entreprises peut faire de nous des « entrepreneurs » au sens littéral en une demi-journée.

Ce n’est pas dans ce sens que le terme « entrepreneur » est perçu dans la littérature. Faisons attention à la portée de nos mots.

Si vous êtes légitime, ne craignez pas de le faire savoir.

Si vous écrivez pour exister, pour obtenir de la notoriété, commencez par exister, vous aurez ensuite des choses justes à partager et une notoriété naturelle.

Nous ne voyons pas les choses comme elle sont, nous voyons les choses comme nous sommes »

Anaïs Nin

Si la question est :

De quel côté de la connaissance se trouve la véritable conscience du spécialiste ?

Ma réponse sera :

Dans la recherche du rapport entre sa propre connaissance, une idée la plus précise possible de ce qui est au delà de notre champ de compréhension ou de connaissances et la place qu’occupent ces deux éléments dans la globalité du sujet.

Quelle sera vôtre réponse?

Patrick Colot

Administrateur gérant TEC-MA SPRL

Praticien SR en Mgt & Organisation